Le disjoncteur en schémas
C16, 3000, 3 : calibre, pouvoir de coupure, classe
C16 : 16 ampères, son calibre, le courant qu'il supporte en permanence, et C, sa courbe de déclenchement (B, C ou D), qui fixe le seuil de coupure immédiate. 3000 dans un rectangle : son pouvoir de coupure, le plus fort court-circuit qu'il sait couper, en ampères. 3 dans un carré : sa classe de limitation ; en classe 3, la meilleure, il coupe un court-circuit si vite que le câble chauffe peu. En classe 1, aucune limite n'est imposée.
Lire le schéma imprimé
Chaque trait vertical est un fil qui traverse l'appareil avec son contact : un pôle. La lame penchée est ce contact, dessiné ouvert : par convention, un schéma montre l'appareil ouvert et hors tension. La croix en fait un contact de disjoncteur, capable de couper un court-circuit ; le petit trait en travers marque l'aptitude au sectionnement : une fois ouvert, il isole le circuit. Là où le fil fait un créneau, c'est le bilame ; une demi-boucle, la bobine. Le pointillé est une liaison mécanique : les contacts s'ouvrent et se ferment ensemble. Un fil sans créneau ni demi-boucle est coupé mais pas surveillé : ici, c'est le neutre.
Bornes, marques, étiquette
Souvent, chaque pôle porte deux numéros qui se suivent : 1 et 2 pour le premier, 3 et 4 pour le suivant. Les bornes marquées N sont réservées au neutre. L'usage fait arriver la phase par le numéro impair, en haut, mais beaucoup de disjoncteurs acceptent aussi l'arrivée par le bas. CE est un marquage européen obligatoire : le fabricant déclare seul que l'appareil respecte les règles européennes. NF est une marque française de certification : un organisme indépendant a testé l'appareil et contrôle régulièrement sa fabrication. Ni l'un ni l'autre n'est une norme : la norme de ce disjoncteur est l'EN 60898-1. L'étiquette se remplit à la pose : chaque disjoncteur doit dire quel circuit il protège.
Deux protections dans un seul boîtier
Le bilame surveille un courant un peu trop fort qui dure : fait de deux métaux soudés qui ne s'allongent pas pareil, il se courbe en chauffant. La bobine surveille le courant énorme d'un court-circuit : il l'aimante assez pour qu'elle aspire son noyau d'un coup. Le courant de la phase traverse l'un puis l'autre. Tous deux poussent la barre, qui fait basculer le verrou : c'est alors le ressort, tendu quand on a relevé la poignée, qui ouvre le contact d'un coup. En court-circuit, le noyau frappe souvent aussi directement le contact mobile, pour l'ouvrir encore plus vite.
Pourquoi un 16 A ne saute pas à 16,5 A
Sa norme, l'EN 60898-1, fixe deux seuils. Un 16 A doit tenir 18 A au moins une heure sans couper. Juste après, déjà chaud, il doit couper en moins d'une heure à 23,2 A. Ces valeurs valent à 30 °C : dans un tableau qui chauffe, il coupe un peu plus tôt. La courbe de déclenchement (B, C ou D) ne change rien à ces deux seuils : elle fixe seulement le seuil de coupure immédiate, celui où la bobine agit.
Ce qu'il ne fait pas
Dans un logement, il protège le câble, pas les personnes. Si du courant s'échappe vers la terre — par la carcasse d'un appareil ou par une personne —, c'est le différentiel, un autre appareil du tableau, qui coupe. Il ne protège pas non plus contre la surtension d'un coup de foudre : c'est le rôle du parafoudre. Trois appareils, trois métiers, souvent confondus.
Lire une courbe de déclenchement
À gauche, le courant ; en bas, le temps qui passe. Chaque disjoncteur a deux lignes. Suivez un courant de gauche à droite : avant la première ligne, il tient ; après la seconde, il a déclenché ; entre les deux, cela dépend de l'appareil. La pente, c'est le bilame : un petit dépassement est toléré longtemps, un gros très peu. Le palier, à gauche, c'est la bobine : sa hauteur est le plus fort pic d'intensité que le disjoncteur laisse passer. Courbes tracées point par point d'après le catalogue Hager (disjoncteurs MTN/NBN en B, NCN en C, NDN en D, page 1.77, à 30 °C).
Même calibre, pas le même pic toléré
Aux surcharges, les trois réagissent pareil : la norme leur fixe les mêmes seuils, tenir 22,6 A au moins une heure et déclencher à 29 A en moins d'une heure. Ce qui change, c'est le pic d'intensité qu'ils tolèrent : le B20 tient 60 A, trois fois son calibre ; le C20 100 A, cinq fois ; le D20 200 A, dix fois. Au-delà de 100, 200 et 400 A, chacun a toujours déclenché.
Pourquoi trois lettres
Le D laisse passer le fort appel de courant de certains appareils à la mise sous tension, comme un transformateur. Le B sert quand un court-circuit reste faible, au bout d'une ligne longue ou derrière un groupe électrogène : il faut que la bobine déclenche tôt. Le C est le cas général du logement. Le revers d'une grande tolérance : il faut un court-circuit plus fort pour que la bobine déclenche.